C'est l'une des questions les plus importantes et les plus mal répondues du monde des affaires. « Elle vaut ce que quelqu'un est prêt à payer. » Oui, mais comment arriver à ce chiffre ? Comment le défendre ? Comment savoir si l'offre que vous avez est juste ? C'est là qu'interviennent les méthodologies d'évaluation.
Pourquoi existe-t-il plusieurs méthodologies ?
Parce que la valeur d’une entreprise dépend de la raison pour laquelle vous l’évaluez, de qui l’achète et de l’étape où elle se trouve. Évaluer une PME stable de 15 ans d’histoire n’a rien à voir avec l’évaluation d’une startup qui opère depuis 2 ans et n’est pas encore rentable.
Pour les PME : DCF et multiples
1. DCF : flux de trésorerie actualisés
C’est la méthodologie la plus rigoureuse. La logique est simple : une entreprise vaut ce qu’elle générera à l’avenir, ramené à sa valeur d’aujourd’hui.
On projette les flux de trésorerie disponibles des 5 à 10 prochaines années, on estime une valeur terminale (ce que vaut l’entreprise après cette période) et on actualise le tout à un taux qui reflète le risque de l’activité (WACC).
Avantage : la plus technique et la plus défendable. Inconvénient : très sensible aux hypothèses. Un petit changement du taux de croissance ou du WACC peut déplacer la valeur de façon importante.
Exemple : une entreprise de services dont les flux de trésorerie annuels sont stables à 200 M$, en croissance de 5 % et avec un WACC de 12 %, peut valoir environ 2 000 M$ en DCF.
2. Multiples de marché
Ici la logique est comparative : combien paie-t-on pour des entreprises semblables à la vôtre ?
Les multiples les plus courants sont :
- VE/EBITDA : si des entreprises semblables se vendent à 6x l’EBITDA et que votre EBITDA est de 300 M$, votre entreprise vaut ~1 800 M$.
- VE/Chiffre d’affaires : davantage utilisé quand l’EBITDA n’est pas représentatif.
- PER (cours/bénéfice) : courant pour les sociétés cotées.
Avantage : rapide et reflète ce que le marché paie réellement. Inconvénient : dépend de la disponibilité de comparables pertinents, ce qui n’est pas toujours aisé selon les marchés.
Pour les startups : des métriques différentes
Une startup en phase précoce n’a presque jamais de trésorerie ou d’EBITDA positifs. Appliquer un DCF ou un multiple d’EBITDA donne un chiffre absurde ou négatif.
C’est pourquoi les startups s’évaluent selon une autre logique :
Multiples de revenus (ARR)
Pour les startups SaaS ou les modèles à revenus récurrents, on utilise un multiple d’ARR (revenu annuel récurrent). Une startup avec 1 M$ d’ARR en croissance de 100 % par an peut valoir entre 5x et 15x son ARR selon le secteur et le timing du marché.
Méthode Berkus
Pour les startups pré-revenus. Elle attribue de la valeur à 5 éléments : l’idée, le prototype, l’équipe, les relations stratégiques et le produit/les ventes. Chacun peut ajouter jusqu’à 500 K$ à la valeur.
Méthode du Venture Capital
Elle estime ce que vaudra l’entreprise à la sortie et l’actualise à la valeur d’aujourd’hui, compte tenu du rendement attendu par le fonds.
La règle d’or
Aucune méthodologie ne donne la valeur « correcte ». La valeur réelle d’une entreprise est celle négociée entre deux parties informées. Mais disposer d’une évaluation rigoureuse vous donne un plancher pour négocier et la crédibilité pour le défendre.
Chez MOVA, nous réalisons des évaluations pour des PME et des startups avec les méthodologies adaptées à chaque cas. Pour que vous arriviez à la table en sachant exactement ce que vous avez.





